Ô rassurez-vous, mes chroniques suscitent des commentaires ! L'auteur de l'un d'eux a –enfin !– démasqué l'imposteur qui sommeille en moi. Non seulement, mes raisonnements sont simplistes, mais je suis malhonnête. Comment a-t-il percé le mystère qui vous a échappé, bande de yaks ? J'ai osé écrire que, chez Michelin, le coût du travail horaire se situait plutôt entre les 22 et 25 € qu'autour des 34 €. C'était le résultat d'une équation simpliste : diviser les coûts de personnels du bilan de l'entreprise par le nombre de ses salariés, en considérant qu'ils travaillaient tous entre 40 et 35 heures par semaine. J'aurai dû, pour effectuer ce calcul, commencer par chercher le nombre d'heures réellement travaillées par le personnel. Parce que, sur les 108 300 employés du groupe, il y a bien quelques uns à "temps partiel", me dit mon correspondant. Bon sang, mais c'est bien sûr ! Voilà où se situe la faille de mon raisonnement. La faille ? Un gouffre ! Un abîme ! J'oubliais que les Bibendums sont en avance sur leur époque, qu'ils travaillent moins et gagnent plus ! Si, si. Allez à Clermont-Ferrand et vous verrez comme ils sont bien traités. On se croirait revenu au temps des Wendel dans la vallée de la Fensch à l'époque de la sidérurgie triomphante. Mon brillant contradicteur est tout simplement un imbécile. Les temps partiels, comme la plupart des CDD, sont, dans ce type d'entreprises gérés par… des sociétés d'intérim et ne sont donc pas comptabilisés dans la masse salariale de l'entreprise. Les 1 820 heures de moyenne annuelle de mon exemple se voulaient une estimation généreuse pour tirer le coût horaire au plus haut, sachant que les salariés de Michelin travaillent en moyenne plus de 35 heures par semaine. Pas besoin d'être agrégé de mathématiques pour comprendre qu'avec un coût de personnel X, toute augmentation du temps de travail diminue le coût horaire. 25 € de l'heure correspondrait donc, de mon point de vue, au coût horaire maximum de l'entreprise.
En bon syndicaliste
(CFDT) qu'il est, mon contradicteur aurait dû relever que le coût horaire chez Michelin signifie que les emplois offerts par cette entreprise sont, essentiellement,
non-qualifiés, voire sous-payés. Une réalité qui n'est pas propre à
l'industrie. Il n'est qu'à se rendre sur le site de Pôle Emploi et
voir les offres faites pour le recrutement de journalistes : 9 € de
l'heure, soit le Smic. Pôle Emploi! Et si l'on parlait des autres : les radiés, les fins de droits, les brisés du système
? J'en connais, qui luttent 10-12 heures par jour, sept jour sur sept,
douze mois par an pour – au final – moins d'un euro de l'heure ! Sortez des beaux
quartiers de l'ouest parisien, messieurs les ronds-de-cuir, et venez vous frotter à la vie
de feu le bassin minier que le Front de Gauche redécouvre (un peu
tard).
L'exemple de Michelin (j'aurai franchement mieux fait de l'appeler l'entreprise X) n'avait de valeur que symbolique et théorique. Pour dire quoi ? Que l'on nous enfume et que les fonctionnaires de l'information feraient bien de manipuler les chiffres avec plus de précautions. Dans un pays où 20% de la population active est sans emploi (1), pour que le coût horaire du travail soit de 34 €, il faudrait qu'il soit d'environ le double pour ceux qui travaillent. Et puis, qu'est-ce que le coût horaire à côté des marges des négriers. Un exemple ? Au hasard (pour changer [2]) : Renault. Une Mégane Estate 130 cv, finition Dynamique 2012. Prix catalogue (toutes options) chez le concessionnaire : 31 450 euros TTC. Le même modèle, neuf, chez un mandataire : 21 704 euros. Et si on cherche bien, on en trouve une, tout aussi neuve… à 20 022 euros. Question : quel est le prix de revient de la voiture ? Question subsidiaire : quel est la marge du constructeur ? Je vous donne un indice : sans option, je la trouve à 18 550 euros. Les vrais chiffres sont aujourd'hui les secrets les mieux gardés, des informations stratégiques. On ne peut que les confronter les uns aux autres pour entrapercevoir l'ombre d'une réalité, d'une vérité. Seuls les fonctionnaires de l'information ne se rendent pas compte qu'ils sont devenus de simples portes-paroles, de vulgaires portes-micros, au service du système. Nos journalistes de salon ne se demandent plus ce que le lecteur veut savoir, mais ce que le système veut qu'il sache. Les journaux disparaissent les uns après les autres et ils osent encore en imputer la responsabilité aux lecteurs sans jamais remettre en cause leur propre pratique. Aujourd'hui, mon message essentiel tient en un mot : bouffon.
(1) Voir Les vrais chiffres du chômage en France
(2) Pour Michelin… voir la chronique précédente :-) (ici)
Ecolonomie
Parler d'écologie, c'est parler d'économie. Et parler d'économie, c'est parler de politique
mardi 29 mai 2012
vendredi 25 mai 2012
Ne les laissez pas partir avec la caisse !
En vérité, je vous le dis : on ne s'en sortira pas comme ça. Il faudra bien, un jour, regarder les choses en face. Où sommes-nous ? Les avez-vous vu, tous unis de l'extrême gauche à l'extrême droite, célébrer tous les ans le travail. Quand même ! Le travail est la principale cause du chômage. Hey camarade, t'en va pas… Viens boire un coup. Ben oui, le chômage n'est pas un effet secondaire ou un dégât collatéral du travail, il en est la conséquence directe. Et la meilleure solution pour éradiquer le premier est encore de supprimer le second. "Dégât collatéral" est même plus approprié qu'effet secondaire, tant le travail s'inscrit dans une logique guerrière. Ne le place-t-on pas d'ailleurs dans le contexte d'une guerre économique ? C'est tellement vrai que les négriers promettent une médaille aux petits soldats qui n'auraient pas succombé à la tâche. Même pas mort ! Les retraités du XXIe siècle n'ont rien à envier aux poilus du XXe, gueules cassées qui n'ont rien d'autre à raconter que des souvenirs d'anciens combattants, d'anciens combattus, d'anciens vaincus : le temps perdu d'une jeunesse sacrifiée ; une énergie bradée contre une poignée de picaillons ; des fins de mois maussades, assis face-à-face à la table de la cuisine ! Me regarde pas comme ça, je vais te coller une torgnole. Le devoir de mémoire ne concerne que les disparus, c'est tellement plus commode. Fallait crever les gars pour prétendre à un peu de considération. Le guerrier ne connaît le repos que dans la tombe et il faudrait rester inconnu pour prétendre aux honneurs. Vous ne le saviez pas ? Hey camarade, t'en va pas… viens boire un canon.
Le "vrai" travail, celui organisé depuis le XIXe siècle, est la forme évolué du travail forcé et de l'esclavage qui l'ont précédé. Bien sûr, l'on voudrait nous faire croire qu'il s'inscrit dans le cadre logique de l'évolution sociale. Tu parles ! Au fil des décennies – car tout s'est joué en moins de deux siècles – nos négriers ont cassé les métiers pour créer des emplois, remplacé les ouvriers par des employés, le savoir-faire par un salaire. Ceux-là ont alors commencé à baisser, les horaires à croitre. Et pas mollement, des douze heures, parfois même des quatorze heures ! Il fallait toujours travailler plus pour gagner moins, jusqu'à ce 1er mai où, à Chicago, les ouvriers se soulevèrent pour obliger leurs négriers à limiter la durée du temps de travail à huit heures par jour. C'était en 1886. Le 1er mai n'est donc pas la fête du Travail, il ne l'a d'ailleurs jamais été. Le 1er mai est la fête des travailleurs ! C'est complètement différent. Il est la fête de l'exploité qui veut briser ses chaînes pour jouir de la vie. Ne plus travailler pour l'autre, mais s'épanouir. Camarraaaaaaaaaaaade, t'en va pas… vient boire un tcho gorgeon.
Soyez honnête et regardez comment les choses se passent dans l'entreprise de votre patron (et non pas "votre entreprise", comme il voudrait vous le faire croire. Pensez). En France, il paraît qu'une heure travaillée coûte à l'entreprise 34 euros (1). Personne ne nous dit combien elle rapporte ! Essayons de savoir. Prenons l'exemple d'une multinationale française : au hasard, Michelin (2) ! Personnel : 108 300 salariés ; coûts de personnel 5 milliards d'euros. Coût par employé : 46 353 euros. Vous pouvez vérifier le calcul (3), nous sommes loin des 34 € de l'heure, mais entre 22 et 25 €. Combien rapporte cette armée ? 20,7 milliards d'euros minimum… tout simplement quatre fois plus (4) : 100 euros de l'heure ! Peu mieux faire.
Ah, le travail, terreau sur lequel pousse le chômage. Car vous l'avez remarqué, la seule croissance est celle des bénéfices et sur quoi pensez-vous qu'elle repose ? Sur des gains de productivité : moins de travailleurs, mais qui travaillent plus ! Oui, plus de chômeurs. Il ne peut y avoir que plus de chômeurs. Hey camarade, les glissements sémantiques ne t'ont pas échappé ! Les ouvriers sont devenus des employés, les chômeurs des demandeurs d'emploi… Même les plans de licenciement ont trouvé une dénomination politiquement correcte. Ils les appellent des plans sociaux ! Non mais, où t'as vu qu'un licenciement avait un caractère social ? J'appellerai plutôt ça un plan antisocial. Si l'autre avait fait moins de bruit avec sa guitare électrique ou sa batterie, t'aurais entendu les paroles : Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale (5). Souviens-toi camarade, ils ont commencé par virer du dictionnaire le mot prolétaire et pourtant, qu'est-ce que t'es d'autre ? À la base, ça partait d'un bon sentiment : pu d' prolo, pu d' boulot et pu d' boulot, pu d' chômeurs. Oui, mais voilà… aurait pas fallut les laisser partir avec la caisse. Heeeyyy, Camarrraaaaaaaaaaaade, te tire pas comme ça avec l' litron.
(1) Voir La Tribune
(2) Je n'ai rien contre Michelin, au contraire, mais ses chiffres sont en ligne (ici).
(3) À supposé que tous les salariés de Michelin travaillent 35 heures par semaine (1820 heures par an), ils reviendraient à 25,50 euros de l'heure. S'ils travaillent en moyenne 40 heures par semaine (2080 heures par an), le coût horaire serait d'un peu plus de 22 euros.
(4) Ces 20,7 milliards d'euros correspondent aux ventes nettes pour 2011. Mais les ventes nettes ne constituent pas les seules ressources d'un groupe comme Michelin. Ces 20,7 milliards d'euros divisés par les 108 300 salariés représentent un peu plus de 185 000 euros par tête.
(5) Antisocial (Trust 1980, disponible sur le CD Soulagez-vous dans les urnes sorti en 2006). Des paroles ô combien d'actualité (ici).
Le "vrai" travail, celui organisé depuis le XIXe siècle, est la forme évolué du travail forcé et de l'esclavage qui l'ont précédé. Bien sûr, l'on voudrait nous faire croire qu'il s'inscrit dans le cadre logique de l'évolution sociale. Tu parles ! Au fil des décennies – car tout s'est joué en moins de deux siècles – nos négriers ont cassé les métiers pour créer des emplois, remplacé les ouvriers par des employés, le savoir-faire par un salaire. Ceux-là ont alors commencé à baisser, les horaires à croitre. Et pas mollement, des douze heures, parfois même des quatorze heures ! Il fallait toujours travailler plus pour gagner moins, jusqu'à ce 1er mai où, à Chicago, les ouvriers se soulevèrent pour obliger leurs négriers à limiter la durée du temps de travail à huit heures par jour. C'était en 1886. Le 1er mai n'est donc pas la fête du Travail, il ne l'a d'ailleurs jamais été. Le 1er mai est la fête des travailleurs ! C'est complètement différent. Il est la fête de l'exploité qui veut briser ses chaînes pour jouir de la vie. Ne plus travailler pour l'autre, mais s'épanouir. Camarraaaaaaaaaaaade, t'en va pas… vient boire un tcho gorgeon.
Soyez honnête et regardez comment les choses se passent dans l'entreprise de votre patron (et non pas "votre entreprise", comme il voudrait vous le faire croire. Pensez). En France, il paraît qu'une heure travaillée coûte à l'entreprise 34 euros (1). Personne ne nous dit combien elle rapporte ! Essayons de savoir. Prenons l'exemple d'une multinationale française : au hasard, Michelin (2) ! Personnel : 108 300 salariés ; coûts de personnel 5 milliards d'euros. Coût par employé : 46 353 euros. Vous pouvez vérifier le calcul (3), nous sommes loin des 34 € de l'heure, mais entre 22 et 25 €. Combien rapporte cette armée ? 20,7 milliards d'euros minimum… tout simplement quatre fois plus (4) : 100 euros de l'heure ! Peu mieux faire.
Ah, le travail, terreau sur lequel pousse le chômage. Car vous l'avez remarqué, la seule croissance est celle des bénéfices et sur quoi pensez-vous qu'elle repose ? Sur des gains de productivité : moins de travailleurs, mais qui travaillent plus ! Oui, plus de chômeurs. Il ne peut y avoir que plus de chômeurs. Hey camarade, les glissements sémantiques ne t'ont pas échappé ! Les ouvriers sont devenus des employés, les chômeurs des demandeurs d'emploi… Même les plans de licenciement ont trouvé une dénomination politiquement correcte. Ils les appellent des plans sociaux ! Non mais, où t'as vu qu'un licenciement avait un caractère social ? J'appellerai plutôt ça un plan antisocial. Si l'autre avait fait moins de bruit avec sa guitare électrique ou sa batterie, t'aurais entendu les paroles : Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale (5). Souviens-toi camarade, ils ont commencé par virer du dictionnaire le mot prolétaire et pourtant, qu'est-ce que t'es d'autre ? À la base, ça partait d'un bon sentiment : pu d' prolo, pu d' boulot et pu d' boulot, pu d' chômeurs. Oui, mais voilà… aurait pas fallut les laisser partir avec la caisse. Heeeyyy, Camarrraaaaaaaaaaaade, te tire pas comme ça avec l' litron.
(1) Voir La Tribune
(2) Je n'ai rien contre Michelin, au contraire, mais ses chiffres sont en ligne (ici).
(3) À supposé que tous les salariés de Michelin travaillent 35 heures par semaine (1820 heures par an), ils reviendraient à 25,50 euros de l'heure. S'ils travaillent en moyenne 40 heures par semaine (2080 heures par an), le coût horaire serait d'un peu plus de 22 euros.
(4) Ces 20,7 milliards d'euros correspondent aux ventes nettes pour 2011. Mais les ventes nettes ne constituent pas les seules ressources d'un groupe comme Michelin. Ces 20,7 milliards d'euros divisés par les 108 300 salariés représentent un peu plus de 185 000 euros par tête.
(5) Antisocial (Trust 1980, disponible sur le CD Soulagez-vous dans les urnes sorti en 2006). Des paroles ô combien d'actualité (ici).
dimanche 20 mai 2012
Cher(e) ami(e)
Tiens, on me donne du cher ami (1) ! Ce ou cette "Hubae", car il me plait d'imaginer derrière ce pseudonyme l'ombre d'une de mes admiratrices, ne saurait être communiste, lesquels s'interpellent d'un jovial "Camarade", ni gaulliste ou de ceux qui s'en réclament qui s'apostrophent d'un non moins jovial "Compagnon"… Non, je le/la devine en revanche, proche de la mouvance sociale-démocrate, comme le dernier à m'avoir gratifié d'un de ces "Cher ami" en même temps qu'il posait une main amicale sur mon épaule. Cela se passait à Delhi, en Inde (2). Ce sénateur socialiste avait rameuté une bande de ses copains pour discuter avec leurs homologues indiens de coopération décentralisée. Je ne les citerai pas tous, mais il y avait là Charles Josselin, ancien ministre de la Coopération de François Mitterrand, qui, à ma grande stupéfaction, avoua faire à cette occasion son premier séjour en Inde. Pensez-vous qu'il en aurait profité pour condescendre – il n'est jamais trop tard – à respirer, ne serait-ce qu'une demi-journée, l'atmosphère d'un quartier populaire de la capitale indienne. Non, il préféra naviguer dans sa voiture climatisée entre son cinq étoiles et la salle de conférence.
Lorsque, de retour en France, je proposais à mon cher ami sénateur une rencontre, afin de lui présenter mon travail photographique en Inde et de voir dans quelle mesure, lui et ses amis pourraient en faire usage pour présenter à leurs administrés ce pays qui occupe toutes leurs pensées… je reçu par retour de courriel l'assurance que nous nous rencontrions bientôt pour discuter de la chose. Deux ans se sont écoulés depuis sans qu'il ait pu dégager la petite demi-heure nécessaire à régler cette affaire et lorsque nous nous croisâmes, mon notable ne daigna même pas me saluer. Il avait compris que je pourrais lui taper une poignée d'euros à des fins artistiques et, d'un seul coup, je n'étais plus ni cher ni ami. Il a suffisamment de miséreux à secourir dans sa circonscription une fois ses séjours en Inde payés, sans dilapider les deniers publics ailleurs ! La même bande s'est d'ailleurs retrouvée, un an après la conférence de Delhi, pour discuter écotourisme en Inde. Bien sûr, il n'y a pas meilleur endroit, pour débattre d'un tel sujet, que… Goa.
Mais revenons à votre commentaire, cher(e) ami(e). "Inventer ne peut pas être un mot d'ordre une fois au pouvoir", dites-vous. Pourquoi diantre ce qui serait possible avant – et sur lequel vous demandez le suffrage des électeurs – ne le serait-il plus après ? Les politiciens seraient-ils immanquablement de ces séducteurs qui redeviennent les machos qu'ils n'ont jamais cessé d'être, sitôt leur proie conquise ? Pourquoi pas.
Quant au concept de "savoir supplémentaire", vous me permettrez de répondre que, sur ce point, vous n'inventez rien. Il y a un siècle déjà, Arthur de Gobineau se penchait sur la question dans son Traité sur l'inégalité des races humaines (3) qu'Adolphe Hitler étudia en détail avant de rédiger Mein Kampf. Oui, il y a toujours eu des Hommes pour croire qu'ils détenaient un savoir supplémentaire et, ce faisant, écraser les autres sous le talon de leur botte. C'est même sûrement un des gènes de l'Homo-Politicus. Vous me semblez cher(e) ami(e) défendre une conception du "pouvoir" des plus étroites : "Reconnaître et utiliser ce qui s'invente." J'y oppose une "gestion des affaires" qui ne récupèrerait rien, mais permettrait aux créatifs – et pourquoi pas aux créateurs – de s'exprimer car, merci de nous le rappeler : le pouvoir s'exerce toujours dans une forme totalitaire. Il est incapable de "reconnaître et d'utiliser ce qui s'invente", n'a qu'un objet : défendre les intérêts de ceux qui l'exerce.
Vous me demandez donc, cher(e) ami(e) si je suis "sceptique" quant à la capacité de François Hollande à récupérer la créativité des autres. Relisez ses propos publiés, le 4 octobre 2011, dans les colonnes de Libération, journal qui se contrefiche des auteurs soit dit en passant (4). Pas un mot, à propos de la culture, sur ceux qui la font ; pis, la création est du ressort de l'administration. Avant que François Hollande ne soit capable de reconnaître ce qui s'invente, encore faudrait-il qu'il reconnaisse ceux qui inventent. Il y a, entre ce "ce" et ce "ceux" une nuance de taille, la même qu'entre "croire" et "penser" ; la taille d'un Homme tout simplement or, la croissance que préconise François Hollande ne laisse aujourd'hui aucune place à l'Homme. Regardez l'Espagne (pour changer de la Grèce). Ses taux de croissance insolents après son adhésion à l'Europe ont-ils endigué la misère ? L'année dernière, plus de 20 % des Espagnols vivaient sous le seuil de pauvreté absolu. À en croire Le Nouvel Observateur, ils seraient cette année 25 %. La croissance vit de l'exclusion des minorités, de l'exploitation des majorités et du pillage des matières premières.
Si, comme vous en émettez l'hypothèse, cher(e) ami(e), François Hollande avait la capacité à reconnaître ceux qui inventent, il aurait proposé un cadre et un objectif (politique), non une méthode (économique) or cette vision d'avenir est bien ce qui fait le plus défaut à l'Homo-Politicus.
(1) Oui, oui : voir le commentaire à la dernière chronique (ici)
(2) Je ne résiste pas à vous recommander la lecture de La voie du Bœuf, chez Sipayat dans lequel je narre l'épisode.
(3) Arthur de Gobineau : Traité sur l'inégalité des races humaines (Gallimard, collection de La Pléiade). À ceux qui aimeraient découvrir une autre facette de cet auteur, je recommanderais Nouvelles Asiatiques et, bien, sûr, Les Pléiades qui reste pour moi le plus beau des romans d'amour.
(4) Libération condamné pour atteinte aux droits d'auteur (ici)
Lorsque, de retour en France, je proposais à mon cher ami sénateur une rencontre, afin de lui présenter mon travail photographique en Inde et de voir dans quelle mesure, lui et ses amis pourraient en faire usage pour présenter à leurs administrés ce pays qui occupe toutes leurs pensées… je reçu par retour de courriel l'assurance que nous nous rencontrions bientôt pour discuter de la chose. Deux ans se sont écoulés depuis sans qu'il ait pu dégager la petite demi-heure nécessaire à régler cette affaire et lorsque nous nous croisâmes, mon notable ne daigna même pas me saluer. Il avait compris que je pourrais lui taper une poignée d'euros à des fins artistiques et, d'un seul coup, je n'étais plus ni cher ni ami. Il a suffisamment de miséreux à secourir dans sa circonscription une fois ses séjours en Inde payés, sans dilapider les deniers publics ailleurs ! La même bande s'est d'ailleurs retrouvée, un an après la conférence de Delhi, pour discuter écotourisme en Inde. Bien sûr, il n'y a pas meilleur endroit, pour débattre d'un tel sujet, que… Goa.
Mais revenons à votre commentaire, cher(e) ami(e). "Inventer ne peut pas être un mot d'ordre une fois au pouvoir", dites-vous. Pourquoi diantre ce qui serait possible avant – et sur lequel vous demandez le suffrage des électeurs – ne le serait-il plus après ? Les politiciens seraient-ils immanquablement de ces séducteurs qui redeviennent les machos qu'ils n'ont jamais cessé d'être, sitôt leur proie conquise ? Pourquoi pas.
Quant au concept de "savoir supplémentaire", vous me permettrez de répondre que, sur ce point, vous n'inventez rien. Il y a un siècle déjà, Arthur de Gobineau se penchait sur la question dans son Traité sur l'inégalité des races humaines (3) qu'Adolphe Hitler étudia en détail avant de rédiger Mein Kampf. Oui, il y a toujours eu des Hommes pour croire qu'ils détenaient un savoir supplémentaire et, ce faisant, écraser les autres sous le talon de leur botte. C'est même sûrement un des gènes de l'Homo-Politicus. Vous me semblez cher(e) ami(e) défendre une conception du "pouvoir" des plus étroites : "Reconnaître et utiliser ce qui s'invente." J'y oppose une "gestion des affaires" qui ne récupèrerait rien, mais permettrait aux créatifs – et pourquoi pas aux créateurs – de s'exprimer car, merci de nous le rappeler : le pouvoir s'exerce toujours dans une forme totalitaire. Il est incapable de "reconnaître et d'utiliser ce qui s'invente", n'a qu'un objet : défendre les intérêts de ceux qui l'exerce.
Vous me demandez donc, cher(e) ami(e) si je suis "sceptique" quant à la capacité de François Hollande à récupérer la créativité des autres. Relisez ses propos publiés, le 4 octobre 2011, dans les colonnes de Libération, journal qui se contrefiche des auteurs soit dit en passant (4). Pas un mot, à propos de la culture, sur ceux qui la font ; pis, la création est du ressort de l'administration. Avant que François Hollande ne soit capable de reconnaître ce qui s'invente, encore faudrait-il qu'il reconnaisse ceux qui inventent. Il y a, entre ce "ce" et ce "ceux" une nuance de taille, la même qu'entre "croire" et "penser" ; la taille d'un Homme tout simplement or, la croissance que préconise François Hollande ne laisse aujourd'hui aucune place à l'Homme. Regardez l'Espagne (pour changer de la Grèce). Ses taux de croissance insolents après son adhésion à l'Europe ont-ils endigué la misère ? L'année dernière, plus de 20 % des Espagnols vivaient sous le seuil de pauvreté absolu. À en croire Le Nouvel Observateur, ils seraient cette année 25 %. La croissance vit de l'exclusion des minorités, de l'exploitation des majorités et du pillage des matières premières.
Si, comme vous en émettez l'hypothèse, cher(e) ami(e), François Hollande avait la capacité à reconnaître ceux qui inventent, il aurait proposé un cadre et un objectif (politique), non une méthode (économique) or cette vision d'avenir est bien ce qui fait le plus défaut à l'Homo-Politicus.
(1) Oui, oui : voir le commentaire à la dernière chronique (ici)
(2) Je ne résiste pas à vous recommander la lecture de La voie du Bœuf, chez Sipayat dans lequel je narre l'épisode.
(3) Arthur de Gobineau : Traité sur l'inégalité des races humaines (Gallimard, collection de La Pléiade). À ceux qui aimeraient découvrir une autre facette de cet auteur, je recommanderais Nouvelles Asiatiques et, bien, sûr, Les Pléiades qui reste pour moi le plus beau des romans d'amour.
(4) Libération condamné pour atteinte aux droits d'auteur (ici)
jeudi 10 mai 2012
INVENTER, qu'ils disaient !
Je garde (malheureusement pour moi seul) d'excellents souvenirs de mes années de presse et surtout de l'espace de liberté que j'avais su me ménager en refusant tout contrat de salariat même si, au final, cette singularité me valu l'index, puis le majeur. Je me souviens en particulier de ces rencontres, à l'occasion de la mise sur le marché de telle ou telle entreprise asiatique, qu'organisait le CSFB – Crédit Suisse-First Boston – dans les salons des grands hôtels parisiens. Je me souviens aussi de certaines rencontres, plus discrètes, avec le directeur Chine de tel constructeur automobile français ou de tel producteur d'électricité. À celui-ci, notamment, je demandais de m'expliquer comment, avec une croissance du PIB de 10 % l'an, la consommation d'électricité de la Chine n'évoluait pas ou si peu ? That is The question, me répondit-il. C'est que l'un des deux chiffres est faux. Of course! Qui dit "croissance économique" dit "croissance de l'activité" ; qui dit "croissance de l'activité" dit "croissance de la production". Et plus je produis, plus je consomme… d'électricité selon le bon vieux principe d'Anaxagore (Ve siècle avant J.-C.) revisité un millénaire plus tard par Lavoisier : "Rien ne se crée, rien ne se perd. Tout se transforme."
Le MIT, Albert Bartlett, André Gorz ou Lester Brown (1) n'ont donc rien inventé : toute croissance est un phénomène exponentiel et donc assèche la matière qu'elle transforme ! La croissance assèche les matières premières fossiles (charbon, pétrole, gaz…) nécessaires pour faire tourner la machine, mais elle assèche aussi la matière première humaine (les petites mains d'hier et les gros cerveaux , d'aujourd'hui). Naturellement, la croissance a un terme. La seule question est : la laisse-t-on mourir de sa propre mort – c'est-à-dire lorsqu'elle aura tout épuisé – ou souhaitons-nous lui survivre ? Au risque de déplaire (une fois de plus) aux opportunistes de gauche devenus les partisans de la droite mole : la croissance est le gouffre qui va nous engloutir; le mur contre lequel nous allons fracasser l'héritage social et culturel que nous ont légué les générations précédentes. En trente ans, le nombre d'exclus du travail, en France, a été multiplié par trois (2).
La croissance a déjà détruit beaucoup. Elle a en particulier détruit les métiers, remplacés par des emplois, et les ouvriers, par des salariés. Il ne s'agit pas juste d'un glissement sémantique, mais d'un changement radical du rapport à l'objet : l'argent s'est substitué au travail. Peu importe la nature de l'activité… il faut un emploi. Et toute la société s'en trouve bouleversée : plus besoin de savoir-faire, puisqu'il n'y a plus de métier et que l'on aura plusieurs carrières. On comprend dès lors beaucoup mieux pourquoi, depuis plus de trente ans, le niveau scolaire et universitaire baisse. Il n'y en a tout simplement pas besoin dans un système de croissance. Voilà pourquoi, tout projet qui ne remet pas en cause la croissance, est un non-projet et la simple continuité de la politique en place. C'est bien ce que fait François Hollande.
Que l'on ne dise pas : "Oui euh, ceux qui disent c'est bonnet-blanc et blanc-bonnet font le lit de Marine le Pen." Non et l'exemple grec le confirme : le refus d'inventer une alternative favorise les extrêmes. Le mot est lâché : INVENTER ! La créativité est bien ce qui manque le plus à nos administrateurs et à ceux qui rêvent d'une seule chose : être admis au Conseil d'administration (n'y siègent-ils pas déjà, d'une certaine manière, même si ce n'est pas à la Cour du roi ?). En revanche, j'accepte de me faire traiter de "Gauchiste", ce qualificatif appliqué à leurs anciens camarades par ceux qui se prélassent aujourd'hui dans le confort d'un système d'exclusion.
(1) Pour ceux qui ne pourraient se procurer Halte à la croissance, étude commandée par le Conseil de l'Europe au Massachusetts Institute of Technologies (Fayard, 1972), je recommande Ecologica (Galilée, 2008) d'André Gorz, le père de l'économie politique en France. Albert Bartlett, parcourt, lui, le monde depuis trente ans pour mettre en garde contre les dangers de la croissance exponentielle. J'ai entendu récemment Jean-Marc Jancovicci et son propos abondait dans le sens du mathématicien américain. En France, les Economistes Atterrés sont en comparaison des enjeux, un peu limités dans leur analyse.
(2) Voir : Les vrais chiffres du chômage en France
Le MIT, Albert Bartlett, André Gorz ou Lester Brown (1) n'ont donc rien inventé : toute croissance est un phénomène exponentiel et donc assèche la matière qu'elle transforme ! La croissance assèche les matières premières fossiles (charbon, pétrole, gaz…) nécessaires pour faire tourner la machine, mais elle assèche aussi la matière première humaine (les petites mains d'hier et les gros cerveaux , d'aujourd'hui). Naturellement, la croissance a un terme. La seule question est : la laisse-t-on mourir de sa propre mort – c'est-à-dire lorsqu'elle aura tout épuisé – ou souhaitons-nous lui survivre ? Au risque de déplaire (une fois de plus) aux opportunistes de gauche devenus les partisans de la droite mole : la croissance est le gouffre qui va nous engloutir; le mur contre lequel nous allons fracasser l'héritage social et culturel que nous ont légué les générations précédentes. En trente ans, le nombre d'exclus du travail, en France, a été multiplié par trois (2).
La croissance a déjà détruit beaucoup. Elle a en particulier détruit les métiers, remplacés par des emplois, et les ouvriers, par des salariés. Il ne s'agit pas juste d'un glissement sémantique, mais d'un changement radical du rapport à l'objet : l'argent s'est substitué au travail. Peu importe la nature de l'activité… il faut un emploi. Et toute la société s'en trouve bouleversée : plus besoin de savoir-faire, puisqu'il n'y a plus de métier et que l'on aura plusieurs carrières. On comprend dès lors beaucoup mieux pourquoi, depuis plus de trente ans, le niveau scolaire et universitaire baisse. Il n'y en a tout simplement pas besoin dans un système de croissance. Voilà pourquoi, tout projet qui ne remet pas en cause la croissance, est un non-projet et la simple continuité de la politique en place. C'est bien ce que fait François Hollande.
Que l'on ne dise pas : "Oui euh, ceux qui disent c'est bonnet-blanc et blanc-bonnet font le lit de Marine le Pen." Non et l'exemple grec le confirme : le refus d'inventer une alternative favorise les extrêmes. Le mot est lâché : INVENTER ! La créativité est bien ce qui manque le plus à nos administrateurs et à ceux qui rêvent d'une seule chose : être admis au Conseil d'administration (n'y siègent-ils pas déjà, d'une certaine manière, même si ce n'est pas à la Cour du roi ?). En revanche, j'accepte de me faire traiter de "Gauchiste", ce qualificatif appliqué à leurs anciens camarades par ceux qui se prélassent aujourd'hui dans le confort d'un système d'exclusion.
(1) Pour ceux qui ne pourraient se procurer Halte à la croissance, étude commandée par le Conseil de l'Europe au Massachusetts Institute of Technologies (Fayard, 1972), je recommande Ecologica (Galilée, 2008) d'André Gorz, le père de l'économie politique en France. Albert Bartlett, parcourt, lui, le monde depuis trente ans pour mettre en garde contre les dangers de la croissance exponentielle. J'ai entendu récemment Jean-Marc Jancovicci et son propos abondait dans le sens du mathématicien américain. En France, les Economistes Atterrés sont en comparaison des enjeux, un peu limités dans leur analyse.
(2) Voir : Les vrais chiffres du chômage en France
lundi 7 mai 2012
Fait pas l'con, François !
51,6-48,4. Pas de quoi pavoiser. L’ambiance soirée coupe du monde de football que revêtent désormais les nuits électorales ne masquera la réalité qu’aux yeux des aveugles. La France reste un pays de droite effrayé, certes – mais pour combien de temps encore – par la dérive extrème-droitière, pour ne pas dire fascisante, dans laquelle l’entraîne naturellement la droite « classique ». François Hollande n’a finalement pas convaincu une large majorité. La vague rose n’a rien submergé. Les électeurs (45 % des votes de François Hollande) ont chassé de l’Elysée un locataire vulgaire, violent, menteur, malade. Ce match presque nul reflète, au fond, deux visions somme toute assez proches l’une de l’autre, deux discours en accord sur une « sortie de crise » par la « croissance ». Seule la méthode diffère.
La « croissance » qui fut, pendant près d’un siècle, un outil de développement est, depuis trente ans, celui de la paupérisation et de la précarité. Elle est devenue le moteur de l’accumulation du capital – produit par tous – entre les mains d’une toute petite minorité. Au point qu’aujourd’hui, le capital prospère en dehors de l’économie dites « réelle », dans le cercle spéculatif des marchés boursiers sur lesquels s’échangent cinq fois plus de capitaux que dans l’activité productive.
La relance de la croissance que François Hollande propose à l’Union européenne ne peut donc se faire qu’au prix de nouvelles privations, de nouvelles exclusions. Parce que la croissance – on le constate tous les jours depuis trente ans – vit de la dette et du chômage. Faute d’une autre logique, le mandat de François Hollande risque donc bien, sur le fond, de ne pas différer de celui de Nicolas Sarkozy.
Et alors ? Comment sans une autre logique, enrayer la croissance de la pauvreté ? Il y a un an (cf. France pays en voie de sous-développement), l’Insee dénombrait 8,5 millions de personnes vivants, en France, sous le seuil de pauvreté absolu (13 % de la population) ! Ce chiffre a doublé peut-être même bien triplé en trente ans et les ravages d’un chômage devenu pandémique, maquillés par la manipulation des statistiques, ne va pas réduire le nombre de ceux qui, chaque année, tombe dans la misère. Dans combien de temps le nombre de pauvres dépassera-t-il la barre des 10 millions (7 ans au rythme de ces trente dernières années) !
Sans changement de logique économique, François Hollande expose la France à une explosion de colère et, pourquoi pas de violence. A des déchirements irrémédiables – on le voit en Grèce. Il peut compter sur le camp vaincu pour l’encourager et son aile la plus extrême pour en tirer profit. La gauche ne lui fera pas plus de cadeau. Car il est là, l’enjeu de ce quinquennat : changer de cap ; tourner le dos à la logique libérale ou faire le lit du Front National.
L’atmosphère fin de système laisse planer un doute sur le respect du calendrier républicain. Françoise Hollande se donnera-t-il les moyens de projeter la France – et au-delà l’Europe – vers un autre avenir ou se contentera-t-il de maintenir en vie un système moribond, au risque de ne pas finir son mandat ? Alors fait pas l'con, François, maintenant que le Pauv'con s'est cassé.
La « croissance » qui fut, pendant près d’un siècle, un outil de développement est, depuis trente ans, celui de la paupérisation et de la précarité. Elle est devenue le moteur de l’accumulation du capital – produit par tous – entre les mains d’une toute petite minorité. Au point qu’aujourd’hui, le capital prospère en dehors de l’économie dites « réelle », dans le cercle spéculatif des marchés boursiers sur lesquels s’échangent cinq fois plus de capitaux que dans l’activité productive.
La relance de la croissance que François Hollande propose à l’Union européenne ne peut donc se faire qu’au prix de nouvelles privations, de nouvelles exclusions. Parce que la croissance – on le constate tous les jours depuis trente ans – vit de la dette et du chômage. Faute d’une autre logique, le mandat de François Hollande risque donc bien, sur le fond, de ne pas différer de celui de Nicolas Sarkozy.
Et alors ? Comment sans une autre logique, enrayer la croissance de la pauvreté ? Il y a un an (cf. France pays en voie de sous-développement), l’Insee dénombrait 8,5 millions de personnes vivants, en France, sous le seuil de pauvreté absolu (13 % de la population) ! Ce chiffre a doublé peut-être même bien triplé en trente ans et les ravages d’un chômage devenu pandémique, maquillés par la manipulation des statistiques, ne va pas réduire le nombre de ceux qui, chaque année, tombe dans la misère. Dans combien de temps le nombre de pauvres dépassera-t-il la barre des 10 millions (7 ans au rythme de ces trente dernières années) !
Sans changement de logique économique, François Hollande expose la France à une explosion de colère et, pourquoi pas de violence. A des déchirements irrémédiables – on le voit en Grèce. Il peut compter sur le camp vaincu pour l’encourager et son aile la plus extrême pour en tirer profit. La gauche ne lui fera pas plus de cadeau. Car il est là, l’enjeu de ce quinquennat : changer de cap ; tourner le dos à la logique libérale ou faire le lit du Front National.
L’atmosphère fin de système laisse planer un doute sur le respect du calendrier républicain. Françoise Hollande se donnera-t-il les moyens de projeter la France – et au-delà l’Europe – vers un autre avenir ou se contentera-t-il de maintenir en vie un système moribond, au risque de ne pas finir son mandat ? Alors fait pas l'con, François, maintenant que le Pauv'con s'est cassé.
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